La dérivation nominale en nĩnkãrɛ ̀
- DJIBOUL, Revue Scientifique des Arts Communication, Lettres, Sciences Humaines et Sociales , Hors-série (17) : 9-23
Résumé
Cette étude présente le système de dérivation nominale du nĩ́nkã̀rɛ̀, une langue mabia parlée au Burkina Faso et au Ghana. S'inscrivant dans le cadre du structuralisme à visée fonctionnelle, ce travail s’est intéressé principalement à l’analyse des affixes dérivationnels et des catégories de dérivation. A partir d’un corpus exhaustif issu d’une enquête de terrain, cinq (05) suffixes dérivationnels de structures -C et -CV ont été relevés dans la langue : les dérivatifs -rɛ, -gO, -t, -d, -r. Quand ces suffixes dérivationnels s’adjoignent à des radicaux nominaux ou verbaux, quelques modifications morpho-phonologiques interviennent : la longueur vocalique, l’abaissement ou le relèvement tonal, la nasalisation et l'élision vocalique. Deux (02) catégories de dérivations nominales sont attestées en nĩ́nkã̀rɛ ̀ : la dérivation endocentrique et la dérivation exocentrique. Un seul dérivatif nominal (-rɛ) relève de la dérivation endocentrique. Par ailleurs, quatre (04) dérivatifs nominaux (les dérivatifs -gO, -t, -d, -r) transforment des bases verbales en des bases nominales. Les
dérivatifs -t-, -d, -r nécessitent toujours un nominant pour la formation d’une base dérivée autonome. En nĩ́nkã̀rɛ ̀, les bases nominales dérivées qui sont formée à l'aided
de lexèmes nominaux sont moins productives dans la langue. Cependant, c’est la dérivation exocentrique qui est la plus productive dans la langue. En nĩ́nkã̀rɛ ̀, les
dérivatifs sont toujours suffixés conformément à certaines langues mabia comme le moore, le birifor, le gulmancema et le tusiã.
Mots-clés
dérivation nominale, dérivatif, base, processus morphophonologiques, nĩ ́nkã ̀rɛ ̀.