Persistance du châtiment corporel à l’école primaire au Burkina Faso
- LES CAHIERS DU CENTRE AFRICAIN DE RECHERCHE SCIENTIFIQUE, DE FORMATION ET D’INNOVATION (CARESFI) Série Sciences Humaines, Sociales et Lettres , 1 (1) : 77-104
Résumé
L’éducation est une nécessité sociale par laquelle la société crée et
renouvelle perpétuellement les conditions de son existence et de son
développement. Bien que la nécessité de l’éducation apparaisse comme une
évidence, les méthodes d’éducations suscitent parfois des divergences parmi
les théoriciens et les praticiens. Dans la perception judéo-chrétienne,
l’éducation passe par la contrainte. De nos jours, les méthodes d’éducation,
notamment le recours au châtiment corporel, sont proscrites par les
conventions sur les droits de l’enfant. Malgré les interdictions formelles sur
les sévices corporels au Burkina Faso, de nombreux enseignants de l’école
primaire continuent de faire recours au châtiment corporel dans le processus
d’apprentissage. Ainsi, s’appuyant sur une approche mixte, cet article cherche
à comprendre les raisons de la persistance du châtiment corporel à l’école
primaire au Burkina Faso. Pour ce faire des questionnaires, des guides
d’entretien semi directif et des observations ont été administrés à 62 maîtres,
100 élèves et 4 encadreurs pédagogiques de la circonscription d’éducation de
base de Koudougou. Les résultats indiquent que les ressorts socioculturels,
personnels et comportemental justifient la persistance de la « pédagogie du
fouet », à l’école primaire. Ainsi, les représentations sociales sont favorables
aux sanctions punitives à l’école et dans le processus d’éducation
essentiellement traditionnelle. L’interdiction du châtiment corporel est
ressentie par les enseignants comme une remise en cause de leur autorité. Ils
sont convaincus que l’action éducative ne peut être efficace sans la contrainte.
Mots-clés
châtiment corporel, école primaire, enseignant, ressorts socio-culturels