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La défectuosité du corps : lorsque la technique et ses techniques s’invitent

  • CAHIERS ÉPISTÉMO-LOGIQUES, n°10, Ghislain Thierry MAGUESSA EBOME (dir.), Les pensées réformistes, Paris, L’Harmattan, ISBN : 978-2-336-42247-3, EAN : 9782336422473 , (10) : 181-205
Discipline : Philosophie, morale et politique
Auteur(s) :
Auteur(s) tagués : KOUSSE Kizito Tioro
Renseignée par : KOUSSE Kizito Tioro

Résumé

L’homme moderne s’est tourne vers la technoscience pour améliorer ses conditions de vie. En plus de produire des biens matériels destinés à la consommation, la technoscience s’applique au corps afin de l’améliorer. Les progrès scientifiques, à travers les techniques biomédicales, offrent des choix face auxquels l’homme doit prendre des décisions au plus fort de l’émotion et de la souffrance suite aux imperfections du corps. Par le fait de la technoscience, l’homme est devenu subitement un amoureux du parfait, du corps sans défectuosité. Les imperfections biologiques sont insupportables, raison pour laquelle la technique et ses techniques s’invitent au chevet du corps pour trouver des solutions. C’est une question éthique et bioéthique parce qu’elle interroge les limites naturelles du corps humain comme la maladie, les malformations, le vieillissement, la laideur pour certains, et la fatalité de la mort. Ce sont les manifestations des limites du corps humain que nous appelons ici ≪ la défectuosité du corps ≫ et regroupe les maladies, les malformations, la vieillesse, les aspects esthétiques etc. Peut-on réellement combattre les limites qui sont naturelles au corps humain ? N’est-il pas paradoxal de vouloir absolutiser la perfection d’un corps pourtant détermine par son imperfection qui lui est naturelle et consubstantielle ? La technoscience offre beaucoup de possibilité pour surmonter des limites naturelles du corps, de façon que, penser la technologie aujourd’hui, c’est penser également le corps humain. L’instauration de l’empire de la perfection du corps humain n’est-elle pas un danger ? Ne sert-elle pas des fins antinomiques a l’humain ? C’est vrai, la vie est belle ; elle contient beaucoup de bonnes choses. Ça fait mal de ne pas pouvoir en jouir a cause des défectuosités du corps, de la vieillesse ou de la mort fatale. Mais, n’est-ce pas normal ? N’est-ce pas une condition humaine indépassable ?

Mots-clés

bioéthique, corps humain, défectuosité, idiotisme, sciences biomédicales, transhumanisme

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