Le mythe de l’autochtonie en Afrique noire : une école écologique
- in OUATTARA Vincent et KIBORA Ouhonyioué Ludovic, Actes du colloque international sur le thème : Savoirs endogènes pour le développement durable dans les Suds, Ouagadougou, Presses Universitaires, ISBN : 978-2-38390-042-9 ; EAN : 9782383900429 : 29-66
Résumé
L’occupation d’une terre dans les sociétés traditionnelles africaines est souvent entourée de mythes, de légendes, de récits qui ont pour rôle d’affirmer que les habitants qui l’occupent sont les premiers, ou qu’ils ont la longue affiliation, affinité et expérience avec elle. L’autochtonie se présente comme la légitimation du droit inviolable d’être là où ils sont depuis longtemps, et le droit de revendiquer leur particularité, de l’affirmer et de la vivre. Les peuples autochtones ont des savoirs et pratiques écologiques de subsistance. Si l’organisation administrative a souvent fait oublier, brimer les autochtones, ces derniers, pour ceux qui occupent toujours leur « terre d’origine », ont cet état de fait dans leur esprit et investit les terrains de la revendication qui peut être partagée, si nécessaire, par d’autres acteurs extra-étatiques, extra-communauté autochtone. Pour en comprendre davantage, nous allons analyser « Le mythe de l’autochtonie en Afrique noire : une école écologique ». Le problème est le suivant : Les valeurs écologiques des mythes de l’autochtonie des sociétés traditionnelles africaines sont-elles inefficientes face aux crises environnementales actuelles ? Notre objectif est de redonner de la valeur aux valeurs écologiques des sociétés traditionnelles africaines dans les alternatives aux crises écologiques. L’hypothèse est que les projets de développement qui n’intègrent pas les valeurs écologiques de l’autochtonie constituent un recul qui vient assombrir le tableau du dispositif traditionnel de sauvegarde de l’environnement. La mondialisation met les particularités en contact avec l’universalité. Mais, la mise en contact de l’Afrique avec le reste du monde dans le cadre de la mondialisation et du prétexte de développement est toute autre : elle est abandon des valeurs culturelles essentielles. Or, l’analyse du mythe de l’autochtonie montre la nécessité de la complémentarité des systèmes de valeurs écologiques traditionnelles pour relever les défis environnementaux qui se présentent à l’humanité aujourd’hui.
Mots-clés
Autochtonie, mythe, Valeurs écologiques, pensée africaine, savoirs endogènes