Langues africaines et injustice cognitive en Afrique
- in Bangré Yamba PITROIPA (dir.), Actes du 1er colloque international de sociolinguistique du Laboratoire de linguistique (LABOLING/UNZ-Koudougou) les 28, 29 et 30 avril 2021 à l’Université de Koudougou sur le thème : Langues, le vivre-ensemble et cohésion sociale en Afrique, Université Norbert Zongo de Koudougou, Cotonou, LASODYLAREYO, Université d’Abomey-Calavi, Benin, ISSN : 1840-7994. , 0 : 261-277
Résumé
La multiplicité des langues est considérée comme un atout pour le continent africain. Elle est incontournable dans le processus de socialisation, d’intégration et de réinsertion des individus. La multiplicité permet de découvrir la richesse linguistique et les maniements possibles des langues maternelles. Mais c’est au niveau de la transmission du savoir que la majorité des langues africaines rencontrent de sérieux problèmes. Les langues sont des tremplins de cohésion sociale certes, mais la cohésion sociale dépend aussi de la capacité à comprendre le monde moderne et ses implications en matière de savoir et de domestication des savoirs, principalement ceux scientifiques. La langue est la manifestation du génie de l’homme, la manifestation des savoirs qui s’innovent. Les savoirs qui participent au développement semblent échapper à nos langues au point qu’il n’est pas fortuit de dire que sans une appropriation du langage scientifique par les langues endogènes des africains, il n’y a pas de développement endogène. C’est là où se situe l’intérêt de notre article, c’est-à-dire, envisager la domestication des savoirs scientifiques par les langues locales en vue du développement endogène dans un monde en perpétuel changement et brassage.
Mots-clés
Langue, développement, justice cognitive, savoirs, cohésion sociale