À l’intersection du veuvage et de la retraite : l’émergence du vide social à Ouagadougou, Burkina Faso
- Sociologie et sociétés , 57 (1) : 81-102
Résumé
Cet article analyse les formes de solitudes des personnes qui se trouvent à l’intersection de la retraite et du veuvage dans la ville de Ouagadougou. Si la personne était jusqu’alors dépositaire d’un capital social constitué de la parentèle et des collègues, la retraite et le veuvage marquent une désagrégation de ce capital, par l’étiolement du réseau social. Comment les personnes veuves vivent-elles la solitude dans la ville de Ouagadougou ? L’objectif de cette recherche est de comprendre les différentes formes de solitudes auxquelles sont exposées les personnes veuves et les mécanismes de résistance qu’elles mettent en place. Pour réaliser cette recherche, nous avons adopté la méthode qualitative, que nous avons mise en oeuvre à travers la réalisation d’entretiens individuels et d’une recherche documentaire. L’analyse des données a été thématique. Les résultats montrent que le vide social s’exprime par trois formes de solitude : relationnelle, émotionnelle et structurelle. Les relations de collégialité ne survivent pas à la retraite. La cohabitation intergénérationnelle, en exacerbant la vulnérabilité économique des ménages, est une opportunité de résistance au vide social. En outre, les personnes veuves entreprennent diverses actions de divertissement.
Mots-clés
retraite, veuvage vide social, solitude, Ouagadougou