Epidémiologie et sensibilité des entérobactéries uropathogènes productrices de bêtalactamases à spectre élargi au Centre Hospitalier Universitaire Yalgado Ouedraogo (CHUYO).
- Médecine d'Afrique Noire : 391-396
Résumé
Les entérobactéries productrices de bêtalactamases à spectre élargi (EBLSE) responsables d’ITU constituent une préoccupation quasi quotidienne dans la prise en charge des patients du fait de leur multirésistance. Ce travail avait pour but de décrire le profil épidémiologique de ces EBLSE et leur niveau de résistance actuelle au CHUYO. Il s'est agi d'une étude descriptive à visée épidémiologique concernant toutes les souches d'EBLSE isolées à partir des échantillons d’urine du 15 Novembre 2019 au 31 Juillet 2020. L’identification et la détection des EBLSE étaient réalisées grâce au système expert de l’automate BD Phoenix M50 au moyen de panel pour les bactéries à Gram négatif isolées des urines (UNMIC). La fréquence des EBLSE était de 56,50% (174/308) dont l’essentiel provenait des services d’urologie (28,16%), des urgences médicales (14,37%) et de Néphrologie-Hémodialyse (13,79%). Escherichia coli occupait la première place parmi les EBLSE isolées (66,66%) suivi de Klebsiella spp (32,20%). Les EBLSE ont montré une corésistance considérable aux sulfamides (92,50%) et aux fluoroquinolones (91,40%). La corésistance avec les aminosides variait significativement en fonction des molécules 50% pour la gentamicine contre 1,72% pour l’amikacine. Cependant, ces EBLSE ont présenté des résistances relativement faibles pour la nitrofurantoïne (17,81%), la fosfomycine (7,50%) et l’imipénème (5,75%). Les associations pénicillines + inhibiteurs de bêtalactamases ont connu une très faible activité vis-à-vis des EBLSE ; respectivement 97,12% et 51,72% de résistance pour l’amoxicilline-acide clavulanique et la pipéracilline-tazobactam. Les céphalosporines de troisième génération (C3G) ont été totalement inactives, elles ont présenté des résistances allant de 97,12% pour la ceftazidime à 100% pour la ceftriaxone et la céfixime.
Mots-clés
infection du tractus urinaire, entérobactéries, BLSE, Afrique