Les aménagements hydro-agricoles de la vallée du Sourou à l’épreuve des crises sécuritaires et sanitaires du Covid 19
- Territoire en mouvement : 1-19
Résumé
Longtemps soumis aux crises climatiques, le secteur agricole burkinabè est confronté depuis 2015 aux effets de l’insécurité liée aux attaques des groupes armés terroristes auxquels s’ajoutent ceux de la crise sanitaire du Covid-19 dès 2020. La vallée du Sourou, considérée comme un pôle prioritaire de développement agricole du pays au regard de son potentiel hydro-agricole (30 000 km2 de terres irrigables), n’est pas épargnée des effets de la crise sécuritaire et sanitaire du Covid19. Pourtant, c’est souvent la nature imbriquée des différentes crises qui est à l’origine de la faillite des sociétés et parfois même des Etats. L’étude vise à analyser l’impact de la crise sécuritaire et sanitaire du Covid-19 sur les aménagements hydro-agricoles dans la vallée du Sourou. Du fait de la multiplicité de la menace, une approche mixte a été adoptée pour collecter des données quantitatives et qualitatives auprès des acteurs et ménages de la zone d’étude. Les résultats révèlent que l’instauration des mesures barrières préventives et de contrôle des infections du Covid-19 ainsi que la détérioration de la sécurité comme les attentats terroristes, les assassinats et les enlèvements ont affecté l’efficience des activités hydro-agricoles. Les effets de la double crise se manifestent en termes d’entrave à la mobilité des personnes et des biens, à l’écoulement des récoltes, à l’affluence des marchés locaux et au respect du calendrier d’irrigation et des tours d’eau. À cela, s’ajoutent les problèmes d’accès aux intrants (engrais et semences) et à l’appui-conseil agricole qui ont entraîné la baisse de production de 8834,98 t (-7,7 %) et de revenus des riziculteurs (-10 %), des maraîchers d’oignon (-25 %) et des maraîchers de tomate (27,3 %).
Mots-clés
insécurité, attentats, covid-19, aménagements hydro-agricoles, vallée du Sourou