Diagnostic et suivi non invasifs des hépatopathies chroniques
- Livre des resumes deuxieme congres de la societe beninoise d'hépatogastro-enterologie (SBHGE) : 1-1
Résumé
Les hepatopathies chroniques occupent une place importante en hépatogastro-entérologie. Leur diagnostic non invasif repose sur l’évaluation de la sévérité de la fibrose et de l’activité nécro-inflammatoire, en complément de la clinique, de la biologie et de l’imagerie.
Les méthodes utilisées pour l’évaluation de la sévérité de la fibrose et de l’activité nécro-inflammatoire regroupent deux grands groupes de tests :
- les biomarqueurs sanguins permettant de construire d’une part des scores simples faciles, peu coûteux tels que l’APRI (AST/plaquettes) et le FIB-4 (âge, AST, ALT, plaquettes) ou des tests spécialisés, plus précis tels que FibroTest, FibroMeter, ELF test. Ces derniers étant utiles pour dépister une fibrose significative (≥ F2) ou une cirrhose, mais limités dans les stades intermédiaires.
- la mesure de l’élastographie hépatique qui utilise des techniques telles que le FibroScan® (mesure la rigidité du foie corrélée à la fibrose) ; ARFI, SWE (Shear Wave Elastography) (elastographie intégrée à l’échographie) ; IRM élastographique : plus précise, mais coûteuse. Ces méthodes sont répétables et fiables pour le suivi longitudinal.
Le suivi des hépatopathies chroniques a pour objectif de surveiller la progression vers la fibrose, l’apparition de complications et la réponse aux traitements. La surveillance de la fibrose fait appel à la répétition des tests non-invasifs (scores sanguins et élastographie) tous les 6–12 mois selon l’étiologie permettant d’éviter les biopsies répétées. La surveillance de la fonction hépatique fait appel à des bilans biologiques réguliers tels que : transaminases, bilirubine, albumine, TP/INR, plaquettes. La recherche des complications telles que le carcinome hépatocellulaire (CHC) se fait avec échographie + αFP tous les 6 mois chez les patients à risque (cirrhose ou fibrose avancée). L’hypertension portale fait rechercher des plaquettes basses + splénomégalie à l’échographie, mais parfois la suspicion est à l’endoscopie digestive haute. Sous traitement, la régression de la fibrose après traitement peut être suivie par élastographie.
En conclusion, le suivi non-invasif repose sur l’association biomarqueurs sanguins + élastographie. La biopsie hépatique reste réservée aux cas douteux ou discordants. Le suivi régulier permet de détecter précocement la cirrhose et ses complications, et d’évaluer l’efficacité des traitements.
Mots-clés
Evaluation, non invasive, Fibrose , hepatopathies chroniques, Burkina Faso