Pratique et Prescription de l’Activité Physique par les Médecins au Burkina Faso : Une Étude Transversale
- Health Research in Africa : 21-26
Résumé
Introduction. L'inactivité physique contribue à 8% des décès mondiaux (OMS), avec des disparités régionales sous-étudiées en Afrique subsaharienne. Au Burkina Faso, où les maladies non transmissibles progressent, les médecins – pourtant prescripteurs clés – présentent paradoxalement des taux élevés de sédentarité et prescrivent rarement l'exercice. Cette étude visait à quantifier la pratique personnelle d'activité physique (AP) et les habitudes de prescription des médecins burkinabè. Méthodologie. Une étude transversale analytique a inclus 172 médecins (échantillonnage raisonné par spécialité) via un questionnaire validé (décembre 2023 - janvier 2024). Les données ont analysé : 1) l'AP personnelle (critères OMS), 2) la sédentarité (>7h/j assis), 3) les pratiques de prescription (fréquence, adaptation). L'analyse statistique (Stata 16) a utilisé des régressions logistiques (IC 95%). Résultats. Bien que 63% des médecins respectent les recommandations OMS d'AP, 43,9% étaient sédentaires (>7h/j assis). 94,2% déclaraient prescrire l'AP, mais seulement 1,3% adaptaient la prescription (intensité/durée individualisée). Aucune association significative n'a été observée entre leur pratique personnelle et la qualité de leur prescription (OR=0,92; p=0,41). Conclusion. L'écart entre pratique personnelle satisfaisante et prescription inadaptée reflète un déficit de compétences. Trois implications émergent : 1) intégrer la prescription d'AP dans les curricula médicaux, 2) développer des outils validés pour l'adaptation aux contextes locaux, 3) positionner les médecins comme modèles via des programmes institutionnels de promotion de l'AP.
Mots-clés
l’Activité Physique, médecins, Burkina Faso