LA (NON) NOTATION DES TONS DANS L’ORTHOGRAPHE DES LANGUES BURKINABE : ENTRE ARGUMENTS ET CONTRE-ARGUMENTS
- ReSciLaC , Volume 11 (5) : 98-107
Résumé
Il est reconnu que l’une des caractéristiques fondamentales de la majorité des langues burkinabè demeure leur système tonal. Le ton joue ainsi un rôle indéniable dans ces langues eu égard à sa fonction distinctive d’un point de vue à la fois lexical et grammatical. Si l’utilité linguistique des tons n’est pas sujet à débat, leur présence dans l’écriture orthographique met à dos les linguistes et spécialistes des questions de langues au Burkina Faso. L’objet de la présente réflexion est de saisir les arguments majeurs qui militent en faveur de la transcription ou non des tons dans les langues burkinabè. Pour ce faire, nous avons fait appel à deux méthodes de recherche. D’une part, l’étude documentaire sur la question des tons dans l’orthographe des langues burkinabè, et, d’autre part, nous avons cherché à actualiser la question à travers les représentations des linguistes sur la (non) notation des tons dans les langues du Burkina Faso. Il ressort des investigations des arguments antithétiques sur la graphie des tons dans les langues. Les adeptes de la notation des tons fondent leur position sur la nécessité de sauvegarder l’ADN linguistique de ces langues. Quant aux partisans de la non notation des tons, c’est l’argument principal de la pesanteur pédagogique qui sous-tend leur prise de position. De notre point de vue, il faudrait opter pour la non notation des tons pour simplifier l’écriture orthographique des langues burkinabè pour ainsi la rendre accessible aux non spécialistes des langues.
Mots-clés
langue, orthographe, notation, tons, burkinabè