L’immigration transfrontalière des femmes au Burkina Faso
- Cahier de l'IREA , 54 : 169-197
Résumé
Le Burkina Faso a été longtemps considéré comme un pays d’émigration essentiellement masculine, et la migration féminine a été relativement négligée. Or la littérature souligne l’émergence de la migration féminine en Afrique. Aussi, nous nous sommes intéressés dans cet article à l’analyse de la migration féminine au Burkina Faso autour des questionnements suivants : Quel est le profil des femmes migrantes ? Dans quels secteurs d’activité s’investissent ces migrantes ? La migration est-elle un facteur d’émancipation des femmes migrantes ?
Les données utilisées ont été collectées en 2021 au Burkina Faso précisément dans les deux plus grandes villes du pays, à savoir Ouagadougou et Bobo Dioulasso, et comportent un volet quantitatif qui a touché 292 femmes et un volet qualitatif avec des entretiens menés auprès de dix (10) migrantes à Ouagadougou.
Il est ressorti de cette étude que les principaux pays de provenance des femmes immigrantes au Burkina Faso sont les pays limitrophes, principalement le Togo, le Bénin et la Côte d’Ivoire. Si les immigrations féminines ont débuté faiblement depuis les années 1979, c’est à partir de 2017 que les immigrations féminines auraient connu un envol important. Ces migrantes sont très jeunes et elles sont majoritairement des célibataires. Près de la moitié des migrantes sont des étudiantes/élèves et l’autre moitié est occupée dans des activités de services (bar, restaurant, commerces, travaux ménagers). Il ressort des entretiens que la presque totalité de ces femmes rêvent de réémigrer vers d’autres pays. Ce qui fait que le Burkina Faso apparaît comme un pays de transit pour ces migrantes.
Mots-clés
Burkina Faso Femme Migration