Les décès liés aux traumatismes du trafic routier au Centre Hospitalier Universitaire Yalgado Ouédraogo
- European Scientific Journal, ESJ , Vol.21 (24) : 111-126
Résumé
Introduction : Les accidents de la route sont la première cause de mortalité chez les enfants et les jeunes âgés de cinq à 29 ans. Comparés à des fléaux tels que le VIH/SIDA, la tuberculose et les maladies diarrhéiques réunies, les accidents de la route font plus de victimes surtout dans les pays à faibles revenus. L’objectif de cette étude est de faire le point sur l’épidémiologie des décès liés aux traumatismes du trafic routier en milieu hospitalier. L’objectif de cette étude était de décrire les aspects épidémiologiques, sociodémographiques et lésionnels des décès liés aux traumatismes du trafic routier dans un hôpital de référence du Burkina.
Matériels et méthodes : Il s’est agi d’une étude descriptive à collecte de données rétrospective couvrant la période du 1er janvier 2022 au 31 décembre 2024. Elle portait sur les décès liés aux traumatismes du trafic routier dans le Service d’Orthopédie-Traumatologie du Centre Hospitalier Universitaire Yalgado Ouédraogo.
Résultats : Du 1er janvier 2022 au 31 décembre 2024, le service d’orthopédie-traumatologie a enregistré 175 cas de décès hospitaliers parmi les 10235 admissions pour traumatismes du trafic routier soit un taux de létalité de 1,7%. Cent soixante-Douze (172) cas répondaient à nos critères d’inclusion. La série comportait 145 hommes et 27 femmes. L’âge moyen des décédés était de 41,5ans avec des extrêmes de 5 et 85 ans. Les patients décédés suite aux traumatismes du trafic routier survenus le samedi représentaient 25,6 % de la série (n=44) et le dimanche 22,7 % (n=39) soit 48,3 % au cours du weekend. La tranche horaire de 18h à 24h enregistrait 50,6 % des cas (n = 87) d’accident mortels. Les victimes étaient des motocyclistes dans 79,1% des cas. Les collisions entre motocyclistes et automobilistes étaient responsables de 50,58% des décès. Les salariés du public et du privé représentaient 32,6% de la série. Le délai moyen d’admission était de 4,7h ± 8,85. Les victimes décédées présentaient un traumatisme crânien dans 78,5 % des cas (n = 135). Dans 98,5% des cas, les victimes motocyclistes n’étaient pas munis de casque au moment de l’accident. Le décès est survenu au cours de l’hospitalisation dans 71,5% des cas tandis que 31 patients (18%) sont arrivés déjà décédés et 18 patients sont décédés à l’arrivée (10,5%). La durée moyenne d’hospitalisation des patients arrivés vivants (n = 141) était de 25,2 heures avec des extrêmes de 12 minutes et de 17 jours Les 141 patients arrivés vivants ont reçu tous un traitement médical, 115 ont reçu en plus un traitement orthopédique et 113 un traitement chirurgical, soit 65,31% de cas de décès post-opératoires.
Conclusion : Bien que les accidents de la route représentent une cause importante de morbidité et de mortalité, les données spécifiques sur les décès qu’ils provoquent demeurent peu documentées dans notre contexte. Notre étude révèle une forte mortalité hospitalière liée aux traumatismes du trafic routier au Burkina Faso, touchant majoritairement les jeunes hommes en occurrence les motocyclistes ne portant pas de casque. Les lésions sont multiformes mais le tableau clinique est presque toujours celui d’un polytraumatisme. La présente étude souligne l’urgence de renforcer les mesures de sécurité routière, en particulier le port du casque, et d’améliorer la prise en charge des cas graves. Ces résultats appellent à mettre en place des politiques de prévention ciblées et de systèmes de secours plus efficaces.
Mots-clés
Décès, traumatismes, trafic routier, épidémiologie