L’EDUCATION MATRIMONIALE DE LA NOUVELLE MARIEE ENTRE TRADITION ET MODERNITE A DABOLA : UNE LEÇON DE VIE A TRAVERS JAMANAKԑ
- , ED LESHCO Ecole Doctorale Lettres Sciences Humaines et Communication , 1 (19) : 135-153
Résumé
Le mariage est un fait de société dont les règles de conduite sont contraignantes et complexes. Par conséquent, une éducation aux bonnes mœurs des jeunes époux, en général et de la nouvelle mariée en particulier, s’avère indispensable pour la stabilité du couple. Ce faisant, à l’égard de l’époux et de la belle-famille, la femme a des obligations dont la connaissance et la pratique conditionnent l’amélioration de son image. Pour l’appropriation de ces valeurs, la société traditionnelle maninka se sert de plusieurs canaux de transmission dont principalement la chanson. Ce choix s’explique non seulement par l’engouement dont cette forme d’expression bénéficie dans les milieux féminins mais aussi par son caractère populaire. Dans l’aire culturelle manding, Jamanakԑ, qui signifie littéralement "jouvence", est l’une des plus anciennes et célèbres chansons de cet inépuisable répertoire destiné à éduquer la jeune fille pour une vie de foyer plus équilibrée. Entonnée par les femmes à l’occasion des cérémonies de mariage, particulièrement pendant le bain nuptial, cette chanson est adressée à la mariée, lui prodiguant des conseils sur ses obligations de femme au foyer. Quels sont les conseils pratiques transmis à travers cette chanson ? La présente réflexion a pour objectif d’analyser les leçons de vie relatives à la vie conjugale enseignées à la nouvelle mariée à travers Jamanakԑ. Elle postule que la femme au foyer n’a que des devoirs. L’approche ethnolinguistique du corpus révèle que celle-ci doit, d’une part, remplir ses devoirs conjugaux et, d’autre part, avoir une bonne attitude envers ses beaux-parents.
Mots-clés
Chanson, féminisme, éducation, mariage, Maninka