Le philosophe et la question du développement au Burkina Faso
- REVUE SCIENTIFIQUE DU CERPHIS : 47-62
Résumé
La philosophie est-elle utile ? Si un examen de l’histoire générale de la philosophie prouve que la question semble usée, les autorités militaro-politiques du Burkina Faso, face aux innombrables défis actuels, s’interrogent encore sur la raison d’être d’une filière de philosophie dans les universités du pays. Ce questionnement s’adresse au philosophe burkinabè, non seulement sur sa contribution au développement de son pays mais surtout sur l’utilité pratique d’une formation philosophique. La réflexion s’articule donc autour de la capacité de la philosophie à apporter des éclairages nouveaux sur les politiques de développement mises en oeuvre au Burkina Faso. Comment les réflexions philosophiques peuvent-elles contribuer à une redéfinition du développement ? Il s’agit concrètement d’analyser le discours politique du développement d’un point de vue philosophique, d’évaluer l’impact des idées philosophiques sur la mise en oeuvre des politiques de développement et de proposer de nouvelles pistes de réflexion pouvant enrichir les stratégies envisagées. Les hypothèses explorées dans ce travail se résument en deux points : les conceptions philosophiques du développement peuvent servir de cadre pour redéfinir des politiques du développement réel. Il en ressort que les idées philosophiques, lorsqu’elles sont intégrées aux processus décisionnels, offrent des perspectives innovantes pour le développement au-delà de l’accumulation de biens matériels.
Mots-clés
Burkina Faso, développement, mépris, philosophie, politique.