Hybridité culturelle et mémoire discursive dans Tiébéle (2020) d’Abraham Abassague
- REVUE HYBRIDES (RALSH) , 3 (6) : 16-32
Résumé
:La littérature burkinabè contemporaine constitue un espace privilégié de réappropriation culturelle et de construction identitaire. Dans ce cadre, le roman Tiébélé (2020) d’Abraham Abassagué se présente comme un texte emblématique qui articule mémoire, oralité et critique postcoloniale. L’objectif de cet article est d’analyser les mécanismes discursifs par lesquels Tiébélé met en scène la mémoire Kasna et construit une posture d’auteur enracinée, tout en inscrivant l’œuvre dans une dynamique de résistance symbolique aux récits exogènes. La méthodologie repose sur une analyse discursive littéraire qui mobilise principalement les concepts de Dominique Maingueneau (2004), scènes d’énonciation, ethos, contrat de lecture, complétés par les apports de Mikhaïl Bakhtine (1979) autour du dialogisme et de la polyphonie, et de Homi Bhabha (1994) concernant l’hybridité culturelle. Le corpus est constitué du roman Tiébélé dans son intégralité, étudié à travers ses procédés narratifs, stylistiques et langagiers. Les résultats mettent en évidence un ethos discursif tripartite (lyrique, laudatif et épique) qui permet à Abassagué de se positionner comme un écrivain-griot, un passeur de mémoire. L’écriture se
révèle également hybride : le français y est « burkinabisé », traversé par l’oralité Kasna et enrichi d’éléments endogènes. Cette hybridité linguistique et culturelle fait de Tiébélé un espace interdiscursif où se rejoignent la mémoire collective, l’identité culturelle et la critique postcoloniale. L’étude conclut que l’œuvre illustre la vitalité et la légitimité d’une littérature burkinabè contemporaine, capable de conjuguer enracinement et ouverture interculturelle.
Mots-clés : Discours littéraire, Ethos discursif, Hybridation du français, Mémoire culturelle, Littérature burkinabè
Mots-clés
Discours littéraire, Ethos discursif, Hybridation du français, Mémoire culturelle, Littérature burkinabè