Dépistage de la lèpre en stratégie avancée au Burkina Faso
- Bull. de l’ALLF , 33 : 4-7
Résumé
Introduction : Le Burkina Faso a été pendant longtemps l’un des pays d’Afrique à forte endémie lépreuse. Grâce à des
efforts soutenus, la lèpre ne fait plus partie des problèmes de santé publique depuis 1994. Depuis lors, le nombre de nouveaux
cas dépistés ne cesse de décroître. Le taux de prévalence actuelle bas serait-il dû à l’absence réelle de nouveaux cas
de lèpre, à une sous-notification des cas ou au diagnostic tardif de la maladie par les agents de santé, expliquant le nombre
élevé d’infirmité degré 2 parmi les nouveaux cas ? Cette étude avait pour but d’avoir un aperçu sur la situation réelle de la
lèpre dans les districts sanitaires dits « silencieux » et dans ceux notifiant le plus de cas au Burkina Faso.
Méthodes et patients : Il s’est agi d’une étude prospective descriptive, qui s’est déroulée dans six districts sanitaires de trois
régions du Burkina. Durant cinq jours, des consultations de dermatologie ont été organisées dans 2 à 3 centres de santé de
chaque district. Ont été inclus tous les patients qui se sont présentés à nos équipes ainsi que les sujets contacts des cas de
lèpre.
Résultats : Un total de 518 personnes était examiné dont 64,7 % de femmes et 35,3 % d’hommes. L’âge moyen des patients
était de 39,91 ans avec des extrêmes de 1 et 80 ans. Parmi les patients examinés, 90 % n’avaient jamais eu recours à un
dermatologue ; 12,16 % présentaient des pathologies non dermatologiques. Quatre nouveaux cas de lèpre étaient diagnostiqués.
Ils étaient tous des lèpres multibacillaires, 2 patients présentaient des infirmités de second degré. La stratégie avancée
n’a dépisté aucun cas de lèpre dans les deux districts de la région du Nord, Gourcy et Ouahigouya. Dans la région du
Centre-Est, le district de Bitou « silencieux » depuis 2 ans a notifié un cas. Aucun cas n’a été détecté dans celui de Ouargaye
qui notifie en moyenne 4 cas par an en routine.
Conclusion : La lèpre n’est pas encore éradiquée du Burkina. Agents de santé et population doivent rester vigilants et toujours
y penser devant les signes évocateurs.
Mots-clés
Dépistage, lèpre, stratégie avancée, Burkina Faso