Pratiques agricoles et dynamique de la biodiversité dans les parcs agroforestiers autour du corridor écologique du complexe Pô- Nazinga-Sissili au Burkina Faso
- Premières journées scientifiques de l’université de Dédougou , Axe 3 : Agriculture, élevage et diversité biologique : 1-1
Résumé
La raréfaction des terres cultivables menace l’intégrité des aires protégées et compromet la conservation de la biodiversité. Une meilleure connaissance des pratiques agricoles et de la diversité floristique des parcs agroforestiers riverains de ces aires protégées pourraient suggérer des stratégies de gestion durables. Cette étude a pour objectif de caractériser les pratiques agricoles et la biodiversité végétale des parcs agroforestiers riverains du corridor des éléphants du complexe écologique PONASI. Des interviews semi-structurées auprès de 71 chefs d’exploitation ont été effectuées pour caractériser les pratiques agricoles. Des inventaires floristiques conduits dans les parcs agroforestiers échantillonnés suivant leur âge et leur proximité au corridor ont permis de déterminer la dynamique de la biodiversité. Une relation significative a été établie entre les pratiques agricoles et le statut sociodémographique des producteurs d’une part et la diversité floristique d’autre part. Une analyse de covariance a également permis de cerner l’influence de l’âge de l’exploitation et de la distance du parc agroforestier au corridor sur la richesse floristique et les paramètres dendrométriques. Les résultats ont montré que la majorité des producteurs utilisent les engrais de synthèse (93%) et les pesticides (97%) pour la production agricole. Par ailleurs, la pratique de la jachère de courte durée (3 ans) est hautement influencée par le statut résidentiel. L’âge des exploitations combiné à la distance au corridor n’influencent pas significativement la densité et les indicateurs de régénération des ligneux. Par contre, la diversité du peuplement ligneux augmente en fonction de la distance du parc agroforestier au corridor. La richesse spécifique totale dans les parcs agroforestiers étudiés est de 34 espèces végétales réparties dans 27 genres et 13 familles. Vitellaria paradoxa est l’espèce dominante dans les parcs agroforestier. Cependant, sa structure révèle des populations vieillissantes et instables avec un potentiel et une capacité de régénération végétale très faible (IRS < 1 et TR < 100%). La diminution de la diversité floristique et la structure instable amènent à suggérer la promotion de pratiques agroécologiques et de la RNA dans les agroécosystèmes pour une gestion durable des parcs agroforestiers et la sauvegarde des aires protégées du complexe PONASI.
Mots-clés
Agroécologie, Jachère, Aire protégée, Vitellaria paradoxa, Biodiversité