Dynamiques Familiales des Enfants en situation de Rue à Bobo Dioulasso : analyse de trois Cas Cliniques
- Journal Africain de Psychologie et Psychologie Pathologique , 1 (1) : 70-84
Résumé
Les enfants en situation de rue (ESR) viennent des contextes d’inadaptation familiale, sociale,
scolaire etc. En effet, la dynamique familiale des ESR à Bobo Dioulasso est assez complexe
en témoigne les résultats des dernières enquêtes. C’est dans ce cadre que cette étude sur trois
cas cliniques d’enfants âgées de 10 et 15 ans a été conduite. L’objectif, dans cette étude, est de
comprendre les dynamiques familiales de ces ESR. L’observation clinique et l’entretien clinique
semi-directif ont été les techniques d’enquête. Les outils utilisés sont la grille d’observation, le
guide d’entretien et l’inventaire d’évaluation de la famille (FAD). Cette étude s’inscrit dans le
domaine de la psychopathologie de l’enfant et de l’adolescent avec pour modèle de référence
celui de McMaster (1978) du fonctionnement familial. Les résultats obtenus revèlent les sévices
corporels et la précarité financière associées à l’abandon scolaire et à la fugue de ces enfants. La
communication est défaillante accompagnée d’un manque d’implication affective des parents
dans les situations stressantes chez l’enfant. Le contrôle du comportement, la résolution des
problèmes, la répartition des rôles au sein de la famille sont problématiques. Cependant, le
fonctionnement de la responsabilité affective des parents est sain. Il ressort des résultats que
les besoins socio-affectifs, cognitifs et communicatifs sont insatisfaisants. Le fonctionnement
familial est dysfonctionnel dans son ensemble. Les parents ont une capacité à identifier ou
ressentir les besoins émotionnels des enfants mais peinent à trouver des stratégies adéquates
pour y répondre d’où le phénomènes des ESR. Une approche systématique et psychosociale
s’avère nécessaire dans l’accompagnement et la prévention des crises chez ces enfants et leurs
familles.
Mots-clés
Enfant, situation de rue, dynamique familiale, carence affective, Bobo Dioulasso