Réduction de la fécondité des adolescentes de 1993 à 2021 au Burkina Faso : les principaux facteurs explicatifs et mécanismes de changement
- La Revue Africaine des Humanités (RAH) , 1 (3) : 39-56
Résumé
La fécondité des adolescentes a considérablement baissé, passantn de 149 ‰ en 1993 à 93 ‰ en 2021 au Burkina Faso. Malgré l’élaboration et la mise en œuvre de diverses politiques et stratégies, ce niveau reste élevé. La maternité, lorsqu’elle survient avant le 20e anniversaire, est un obstacle pour le bien-être, l’éducation et l’emploi de l’adolescente et constitue aussi une insuffisance des politiques publiques envers l’adolescence. Fort de ce constat, il est judicieux d’identifier les principaux facteurs ayant contribué à la variation de la fécondité précoce des adolescentes au Burkina Faso de 1993 à 2021 pour mieux orienter les décideurs. Nous avons mis en œuvre des analyses descriptives, un modèle de décomposition de Stover et un modèle de régression de poisson en mobilisant les données des Enquêtes Démographiques et de Santé (EDS) réalisées au Burkina Faso entre 1993 et 2021. Les résultats montrent que la pratique contraceptive, le milieu de résidence, l’abstinence, le niveau de vie du ménage et le mariage influencent significativement la fécondité des adolescentes. L’abstinence sexuelle est la variable qui contribue le plus à la baisse de la fécondité des adolescentes (réduction du nombre d’enfants de 0,8) que l’utilisation de la contraception (0,18) en 2021. Fort de ces résultats, la lutte contre le mariage des adolescentes, des sensibilisations sur l’utilisation de la contraception ou l’abstinence sexuelle doivent être renforcées pour réduire la fécondité des adolescentes.
Mots-clés
adolescentes, fécondité, abstinence, contraception