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LA PERCEPTION DES CHOIX D’ORIENTATION POST-BACCALAUREAT DES ETUDIANTS DU PARCOURS LICENCE AU BURKINA FASO

  • Revue Ivoirienne de Sociologie et de Sciences Sociales (RISS) , Voume 3-1 (21) : 25-37
Discipline : Psychologie
Auteur(s) :
Auteur(s) tagués : ZIO Brahima
Renseignée par : ZIO Brahima

Résumé

Le passage de l’enseignement secondaire à l’enseignement supérieur représente un pivot stratégique pour le développement du capital humain au Burkina Faso. Ce processus est encadré par des structures dédiées, soutenu par une infrastructure numérique face à une pression croissante de la démographie estudiantine.
la réalité de l'orientation est strictement conditionnée par la performance au baccalauréat (mention et moyenne). Ce système crée une hiérarchie où la sélection domine : les étudiants n’ayant pas obtenu de mention « assez bien » se retrouvent souvent orientés vers des filières non désirées. Cette expérience initiale est fréquemment vécue comme une « orientation subie », générant stress et inquiétude chez les jeunes et leurs familles.
L'étude évalue la perception des étudiants après au moins une année d'université et met à jour un phénomène remarquable : plus l'étudiant progresse dans son cursus (de la L1 à la L3), plus son accord et sa satisfaction avec sa filière d'orientation augmentent. Cette perception positive impacte directement la santé mentale de l'étudiant, ses résultats académiques, et l'image de marque de l'institution. L’université n’est plus seulement un lieu de formation, mais un espace où l'étudiant doit placer sa confiance pour construire son avenir. Pour expliquer ce changement de point de vue, la recherche convoque la théorie de la dissonance cognitive (Festinger, 1957). Lorsqu'un étudiant est contraint d'intégrer une filière qu'il n'a pas choisie, il vit un inconfort psychologique (dissonance) entre son souhait initial et sa situation réelle. l’individu met alors en place un processus de rationalisation post-comportementale pour retrouver un équilibre psychologique. À défaut de changer la situation, l'étudiant change son regard sur la filière. Il découvre des opportunités et des intérêts nouveaux pour cette filière et justifier sa présence et réduire son anxiété. Il finit par s'approprier son « nouveau monde » pour rendre son existence universitaire cohérente et supportable.
la recherche souligne que l'orientation ne doit pas être vue comme un déterminant absolu ou figé. Bien que l'accompagnement par des conseillers d'orientation soit essentiel pour limiter les choix subis, le concept d'Éducation et de Formation Tout au Long de la Vie (EFTLV) offre une perspective de résilience. Elle permet aux individus de comprendre que la transition secondaire-supérieur n'est qu'une étape parmi d'autres et qu'il est toujours possible d'acquérir de nouvelles compétences et de se réorienter, atténuant ainsi le poids d'un choix initial par défaut.

Mots-clés

Burkina Faso, Dissonance cognitive, orientation tout au long de la vie, Perception, satisfaction

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