L’échelle du consentement sexuel SCS-R et les risques dans les interactions sociales chez étudiants au Burkina Faso
- Revue Africaine des Humanités , Volume 1 (2) : 241-258
Résumé
La recherche s'appuie sur trois piliers : l’électivité de la relation, l'implication intime et la perception d’autrui comme partenaire sexuel potentiel. Dans le contexte actuel, les outils numériques exacerbent ce paradoxe relationnel : s'ils favorisent la « révélation de soi », ils portent aussi le risque d'une « invisibilisation » interpersonnelle et d'une atomisation du lien social. L'aboutissement idéal d'une dynamique relationnelle saine est une communication transparente menant au respect mutuel du consentement.
Le consentement sexuel est défini comme un accord volontaire, spécifique, éclairé et révocable. Si ce concept est au cœur des débats mondiaux, il reste peu documenté au Burkina Faso. L’étude part d'un constat de terrain : de nombreux étudiants masculins perçoivent les normes de consentement comme une contrainte ou un « piège » juridique potentiel. La recherche interroge donc la pertinence d'un outil nord-américain, l'échelle SCS-R (Sexual Consent Scale-Revised), pour appréhender ces réalités locales.
L’analyse souligne que si les normes sont comprises, la socialisation genrée (l'homme comme initiateur « insatiable » et la femme comme « gardienne ») peut encore induire des malentendus dans la communication non-verbale.
l’étude plaide pour une rupture avec la culture du silence. Face à la banalisation de la sexualité par le numérique et l'IA, l'auteur appelle à intégrer une véritable éducation aux relations socio-sexuelles au sein des programmes de citoyenneté. L'objectif est de transformer la perception du consentement : non plus comme une contrainte légale, mais comme le fondement d'une rencontre réussie basée sur le désir mutuel et le respect de l'intégrité d'autrui.
Mots-clés
Burkina Faso, consentement sexuel, étudiants, interactions sociales, pertinence, risques