Le style lipogrammatique dans La disparition de Georges Perec
- AKOUNDA, Revue scientifique des Lettres, Langues, Civilisations et des Sciences humaines et sociales , 01 (5) : 104-113
Résumé
La disparition, œuvre romanesque de Georges Perec est un lipogramme en e. Écrire un roman de plus de trois cents pages sans utiliser une seule fois la lettre e, relève d’un exploit stylistique. Mais pourquoi Perec s’est-il imposé cette tâche difficile d’omettre la lettre e ? Quelles techniques a-t-il employées pour y parvenir ? L’analyse du corpus a révélé que l’auteur est passé par la création lexicale, la synonymie imparfaite, le plurilinguisme, le défilement des locutions, les constructions syntaxiques rébarbatives qui se déclinent en omission, substitution de constituants et en des élisions interdites, afin de parvenir à écrire son roman sans l’utilisation de la lettre e. Son innovation stylistique a même touché la forme du roman. En effet, le roman comporte vingt-six chapitres, mais le chapitre 5 n’y apparaît pas. Ce cinquième chapitre correspond au rang qu’occupe la lettre e dans l’alphabet. Le chapitre a donc été omis sciemment. Du coup, le roman ne compte que vingt-cinq chapitres qui renvoient aux vingt-cinq lettres de l’alphabet qu’il a utilisées et la lettre e qu’il n’a pas utilisée correspond au chapitre 5 qu’il a omis.
Mots-clés
lipogramme, style, écart, synonymie, plurilinguisme