Le Burkina Faso, pays sahélien, fait face à une forte variabilité climatique et à une pression
démographique croissante qui entraine une pression sur ses ressources naturelles, notamment
les terres agricoles. La mise en valeur des bas-fonds apparaît comme une solution pour
améliorer la productivité agricole et assurer la souveraineté alimentaire du pays. Cependant,
ces zones sont confrontées à des contraintes biophysiques et socio-économiques qui limitent
leur exploitation optimale. L’étude vise à analyser l’impact de l’agriculture de bas-fonds à la
sécurité alimentaire dans la commune de Koubri.
La méthodologie combine une revue de la littérature à une approche empirique. L’occupation
du sol est analysée à partir d’images Landsat de 1983, 1998 et 2017, traitées avec ENVI et
ArcGIS. Des enquêtes et entretiens sont menés auprès d’exploitants agricoles et d’acteurs
locaux. L’imagerie drone et le GPS servent à la collecte de données spatiales.
Les résultats montrent une augmentation des bas-fonds aménagés et la prédominance des
cultures annuelles occupant 68,35% de la superficie en 2017 contre 66,57% en 1983. Les
enquêtes révèlent que 93,3% des personnes interrogées pratiquent à la fois l’agriculture et
l’élevage. De plus, 42,3% des enquêtés ont étendu leurs parcelles au cours des dix dernières
années, et 42% ont plus de 40 ans, témoignant de l’expérience agricole locale. L’étude
souligne que la commune de Koubri dispose d’un potentiel hydraulique important avec six
barrages et plus de 56 bas-fonds aménageables, jouant un rôle crucial dans l’intensification
des cultures de contre-saison.
La tendance évoquée affectera aussi ces bas-fonds au fur et à mesure que la densité de la
population augmentera d’où l’intérêt pour les autorités étatiques et locales de penser à la
sauvegarde des interfluves et à un plan d’aménagement conséquent des zones hydromorphes
comme les bas-fonds.
Bas-fonds, aménagements hydro-agricoles, activités socio-économiques, maraîchage, souveraineté alimentaire